Cohesion_d'equipe_rubgyLa France participe en Nouvelle-Zélande à la coupe du Monde de Rugby. Forte de deux victoires et d’une défaite, elle se dirige aujourd’hui vers les ¼ de finale.  Suite à une victoire sans panache sur le Japon, l’entraineur du XV de France, Marc Lièvremont, a attaqué en les nommant devant la Presse, certains joueurs… Passé ma première stupeur, je me suis posé une question :  « Peut-on et doit-on tout dire en public lorsque l’on est leader et garant de la cohésion d’une équipe ? 

Deux modes de pensées s’affrontent alors :

L’une qui consiste à dire OUI. Le « chef » peut tout dire, peu importe la forme et le lieu. Il s’affirme ainsi comme le responsable, les autres n’ont qu’à accepter et faire ce qu’il dit. L’autre, plus respectueuse de l’homme dit NON. Attaquer en nommant des gens en public ne fait que nourrir des rancœurs, qui peuvent aboutir a l’explosion d’un groupe et à la perte partielle voire totale de confiance du groupe envers son leader.

A mon avis, la première approche court de grands risques d’être contre-productive, car chacun réagit différemment face aux attaques. La brutalité de l’annonce en Conférence de Presse nous projette directement dans un conflit où l’affectif devient omniprésent (Pourquoi moi ?…J’ai fait du mieux possible ? Rien a foutre de ce mec ?…etc.). Après une telle déclaration stigmatisante de la part de l’entraineur, comment peut-il envisager avoir des discussions constructives avec les personnes concernées ? Et ceci sans parler du reste du groupe, qui le regarde en pensant : « Demain je serai peut être a leur place !? » Son leadership est ainsi remis en cause.

Selon moi, si l’on souhaite faire évoluer les situations de manière constructive, il faut d’abord établir le contact avec les personnes concernées lors d’un entretien « d’homme à homme » et les confronter avec la réalité de la situation. Que l’on soit entraineur sportif ou manager au sein d’une société, l’approche est assez similaire. En utilisant les entretiens individuels en amont de toute remise en question, vous montrez votre respect pour l’homme, vous le responsabilisez. Personne ne se sentira agressé ou blessé par vos constats. Votre approche renforce votre leadership, les critiques sont constructives et vont de l’avant.

Pour conclure, je dirai que l’entraineur ou le manager doit tout dire, mais pas sous cette forme brutale qui consiste à jeter en pâture des noms devant un public extérieur à l’équipe. Il doit faire appel à toutes ses ressources intellectuelles et ses connaissances pour faire d’une critique, même dure, un aiguillon pour se projeter avec force vers le futur. Le maintien et le renforcement de la cohésion du groupe en dépendent. Comme le dit Marc Lévèque dans son livre, « l’entraineur doit s’efforcer de comprendre et d’accompagner son équipe, il doit établir un rapport relationnel et non fusionnel avec le groupe » *.

Pour Monsieur Lièvremont, il semble que la rupture latente avec son équipe soit de plus en plus consommée… regardons ce qui se passera dans les prochains points Presse.

A  bientôt dans votre séminaire de Cohésion et bonne chance au XV de France !

* Marc Lévèque, Psychologie du métier d’entraineur

TR.