« Préservez l’environnement, n’imprimez cet email que si c’est vraiment nécessaire »

« Optez pour la facture numériques et faites un geste pour l’environnement »

« Préférez le mail au courrier : plus rapide, plus vert, moins énergivore… »

Nous lisons régulièrement ces messages, qui – au grand damne des professionnels de l’industrie papier – semblent de prime abord très logiques. En effet, le courrier papier est depuis longtemps pointé du doigt, contrairement aux mails qui semblent avoir tout pour eux : préservation des arbres car pas de papier, pas besoin de payer de timbre, pas de coût d’impression démultiplié pour un grand nombre d’exemplaires… Tout bénef quoi ! Et pourtant, à y regarder de plus près, l’argument environnemental est loin d’être pertinent. Alors que l’industrie du papier a fait de gros efforts pour limiter son impact sur l’environnement,  des études récentes montrent que le courrier dématérialisé génère une pollution très importante.

Le mail, très mauvais élève environnemental

Si nous prenons en compte la totalité du cycle de vie d’un email (incluant notamment fabrication de l’ordinateur ou l’électricité nécessaire pour faire tourner les serveurs de stockage), l’énergie consommée entre l’émetteur et le récepteur d’un email est impressionnante. BIO Intelligence Service, spécialiste conseil en matière de TIC, technologie de l’information et de la communication, s’est penchée sur le bilan carbone des messages électroniques. Il ressort d’une de ses études qu’un salarié qui reçoit 58 mails quotidiens et en envoie 33 d’une taille moyenne de 1 Mo (c’est un scénario moyen dans les entreprises françaises) émet ce faisant 13,6 t équivalents CO 2, soit autant que si on faisait 13 fois l’aller-retour Paris New York… Sans parler des conséquences sur l’épuisement des métaux surtout rares ou sur la ressource en eau nécessaires à l’industrie électronique.

Le papier, un élève en net progrès

Aujourd’hui, l’industrie du papier et de l’impression en Europe suit des normes et bonnes pratiques environnementales qui participent à la gestion durable des espaces boisés et à la réduction de l’empreinte carbone. Encres vertes ou biologiques, papiers issus de forêts responsables, modernisation des outils de production pour réduire les consommation en énergie, en eau et solvants polluants… de nombreux efforts concourent à faire remonter le papier dans la course du « environnement friendly ». Et si l’on regarde les deux autres piliers du développement durable, à savoir l’économique et le social, le papier semble également y prendre une longueur d’avance. En effet, le courrier postal génère plus d’activité économique et d’emploi que les mails.

Mais le numérique tente de se racheter une conduite.

Les hébergeurs et data center étant de plus en plus pointés du doigt par les défenseurs de l’environnement comme d’énormes énergivores, certains acteurs font bouger les choses. Sans vouloir être trop chauvine (ou fière d’être Ch’ti) je citerais l’exemple d’OVH, hébergeur roubaisien qui a lancé plusieurs projets ces dernières années pour réduire son impact énergétique (et j’imagine sa facture EDF par la même occasion). Entre 2004 et 2007, Ovh  a réduit sa consommation d’énergie à un PUE (Power Usage Effectiveness)  de 2 à 1,1. (Un PUE de 2 signifie que le datacentre va consommer 100 watts pour refroidir un serveur qui consomme 100 watts.). En 2010, OVH a décidé de devenir producteur d’énergie verte est s’est investit dans l’éolien. L’hébergeyr s’est associée avec DDIS, une société d’ingénierie électrotechnique, afin de développer un modèle d’aérogénérateur inédit. Certaines éoliennes sont déjà opérationnelles.

Au final, une fois les idées reçues défrichées,  sur le concours du « environnent friendlier » bien malin sera celui qui saura départager le courrier papier et le mail, tant cela dépend des utilisations spécifiques. Chaque outil a ses arguments, ses avantages et ses innovations à mettre en place pour nous convaincre. Et puis n’oublions pas que l’important ne réside pas dans le support en lui-même, mais dans le message qu’on va véhiculer dessus : LE CONTENU !

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