blog_idee_fausses_ecoevenementDepuis quelques années nos connaissances en matière de développement durable appliqué à la communication se sont nettement améliorées. Aujourd’hui, le déploiement efficace d’une démarche RSE au sein d’une entreprise ou institution s’accompagne inévitablement d’une implication de sa Direction de communication. Sur le plan stratégique, celle-ci intervient pour susciter l’implication des parties prenantes, encourager leur mobilisation et les informer sur l’avancement du projet. Sur le plan des outils, elle se doit de produire des solutions éco conçues qui incarnent son engagement – puisque la preuve par l’exemple est incontournable au risque de se voir taxer de « greenwashing ». Si la réflexion stratégique et les filières d’approvisionnement se sont améliorées, facilitant la prise en compte de cette imbrication « communication » et « développement durable », certains malentendus persistent. Nous en avons ici identifiées trois, qui prouvent qu’il existe encore de belles marges de progression :

La communication responsable des annonceurs est généralisée – OUI… mais NON
Dans le cadre d’une enquête menée auprès de 106 entreprises françaises en 2010*, 88% déclarent que leur entreprise a déjà communiqué sur le développement durable. Cette démarche se traduit en 1er lieu par une adhésion à des chartes professionnelles de communication responsable (47%), par l’éco-conception des outils de communication (40%) et enfin par l’intégration de critères RSE dans le cahier des charges de certains projets spécifiques. Il s’agit là de démarches volontaires que l’on ne peut que féliciter. Mais trop souvent ces actions souffrent du manque d’une réelle ligne directrice permettant de suivre et mesurer leur impact. Pour preuve, seul 23% des répondants réalisent un bilan carbone ! Etat des lieux en un temps T, le bilan carbone est pourtant un outil indispensable pour identifier les marges de progression et établir une réelle stratégie dans le temps. Voilà bien un axe de progrès qui devient d’autant plus évident que les Français ont une forte attente sur le sujet et l’expriment directement dans leurs comportements d’achat (ex : consommation bio).

Le « zéro-papier est LA solution pour une communication responsable » – FAUX
L’industrie papetière a longtemps été décriée pour son impact néfaste sur l’environnement (déforestation, ressources en eau, déchets papier…) et nombreux sont les communicants qui se sont posés la question de remplacer le support papier par des outils de communication dématérialisés (mail, site internet….). Mais si l’on se penche concrètement sur la question, ce n’est pas si simple… voir totalement contre-productif ! En effet, saviez vous que l’émission de gaz à effet de serre des fermes de serveurs est bien plus importante que celle liée à la filière de l’édition papier ? Et qu’en est-il des mails imprimés sur des imprimantes de bureau d’ancienne génération ? Si l’on analyse le cycle de vie du produit d’un mail en comparaison à celui d’un courrier papier, on s’aperçoit que l’impact environnemental de ce dernier est bien moins important (j’en suis la 1ère étonnée) Il apparaît donc pertinent de réfléchir en amont à une meilleure articulation des supports entre outils imprimés éco-conçus (papier certifié, encres végétales, recyclage…) et outils dématérialisés en complément offrant plus d’interactivité et des possibilités d’approfondissement de l’information.

Un événement responsable maîtrise sa consommation d’énergie et limite ses émissions de carbone – FAUX, C’EST BIEN PLUS QUE CA
Certes, cela en fait parti intégrante. Mais cette définition est très limitative car elle omet de prendre en compte la dimension humaine qui est pourtant au cœur de toute stratégie événementielle. L’éco-conception d’un événement oblige à repenser entièrement la lecture d’un projet en fonction de 3 notions fondamentales :

  • La réduction de l’empreinte écologique grâce notamment à des choix permettant de réduire les émissions de CO2 et de mieux gérer les déchets produits.
  • L’implication des participants dans la démarche en leur expliquant les tenants et les aboutissants du projet et en leur donnant les moyens d’y contribuer.
  • Le soutien des investissements locaux en travaillant avec des prestataires de proximité sensibilisés au développement durable et à la responsabilité sociale.

Sans oublier l’évaluation en amont et en aval pour optimiser les solutions et valider les marges de progression pour la prochaine édition d’un même événement. Quant à la compensation carbone d’un événement, celle-ci ne peut exister et se justifier que si en amont, un véritable effort sur ces 3 notions a été suivi.

Pas facile de s’y retrouver ? Non, mais si la volonté est présente, des solutions et des guides existent pour vous aider. N’hésitez pas à contacter l’agence de communication et organisation d’événements La Créative Boutique pour en parler !

Pour la rédaction de ce billet, ma réflexion s’est appuyée sur la lecture d’un guide publié conjointement par l’ARREP et le CERDD intitulé « Comment le développement durable interpelle-t-il le rôle et les fonctions de la communication ? Comprendre et agir ». A télécharger gratuitement sur le site www.arrep.comet www.cerdd.org.

* 3ème observatoire de la communication responsable (Limelight consulting et partenaires :AACC, CIDD, Syntec, UDA, UJJEF) à télécharger sur www.acidd.com