La communication interne, autrefois parent pauvre de la communication, a évolué vers un rôle plus stratégique pour accompagner les mutations des entreprises. Elle est aujourd’hui un maillon essentiel au sein des groupes qui connaissent un fort développement à l’international. A chaque étape de l’internationalisation d’une entreprise, que celle-ci se fasse par croissance organique ou externe, la communication interne doit se déployer pour donner du sens, rassurer et engager. Les enjeux sont multiples et s’entremêlent, voici selon moi le trio de tête.

 

Créer les conditions d’une bonne circulation de l’information.

Cet objectif qui semble d’une évidence enfantine n’est pourtant pas toujours facile à atteindre en cette ère de boulimie d’informations. Etre bien informé, c’est être informé utilement, avec une information qui arrive à temps, claire et précise. C’est un juste équilibre entre sur-information et sous-information. Dans une entreprise globale, les niveaux d’information sont multiples et tous les collaborateurs ne sont pas concernés par les mêmes messages. Une diffusion sélective et ciblée devra être mise en œuvre, et ceci passe souvent par des relais de communication régionaux, que l’on peut appeler réseau d’ambassadeurs ou de correspondants. Leur rôle sera de digérer les informations globales et de les ré-acheminer de manière circonstanciée aux acteurs de leur territoire. Ils sont également chargés de faire remonter les informations internes pertinentes à partager avec les autres territoires de l’entreprise. Disposant d’une autonomie plus ou moins importante en fonction des organisations, ces relais de communication locaux arbitreront pour faire circuler l’information selon une charte commune claire. Celle-ci distinguera généralement les messages concernant la vie professionnelle au quotidien, les messages concernant l’avenir de l’organisation, et les messages concernant la vie sociale et collective. Des process particuliers pourront également être mis en place en cas de communication de crise.

 

Intégrer et fédérer les collaborateurs

Qu’il s’agisse de recrutements externes ou d’arrivées suite à un rachat, une entreprise qui se développe à international se retrouve confrontée à la problématique d’intégration de nouveaux collaborateurs, de leur formation et de leur fidélisation. Les salariés sont demandeurs d’échanges, de sens mais d’aussi d’un élan fédérateur. La communication interne doit contribuer à les faire adhérer à des objectifs partagés et à des valeurs communes. Il s’agit d’expliquer un projet d’entreprise, une histoire, des valeurs, une éthique, des règles de management et d’embarquer anciens et nouveaux collaborateurs dans une nouvelle dynamique… commune. Certains voudront être rassurés, d’autres enthousiasmés – mais tous devront être fédérés. Séminaires d’intégration, team-building, conventions régionales… les échanges humains et affectifs sont souvent de très bons outils pour favoriser la cohésion des salariés et l’adhésion au projet. L’objectif commun reste de créer un esprit de groupe, un intérêt collectif qui dépasse l’individu ou les sous-groupes de collègues. Sans nier les différences, notamment culturelles inhérentes à un groupe international, les actions de communication interne viseront à trouver une ligne conductrice commune, des objectifs partagés clairs et compréhensibles par tous. En ligne de mire, cette intégration doit viser la convivialité, créant un bon climat relationnel entre personnes qui appartiennent à des métiers, fonctions, territoires différents.

 

Favoriser l’implication et la participation

Pour atteindre son efficacité optimale, l’entreprise doit savoir mobiliser toutes les compétences de ses ressources humaines. Dans cette optique, la communication ne se limite plus à une simple transmission d’information à double sens, dans laquelle les messages se croisent sans s’influencer. Dans un modèle de management participatif, elle doit permettre aux salariés d’être parties prenantes, en s’assurant qu’ils ont les outils et les porte-voix pour se faire entendre des décisionnaires et influenceurs. Plus qu’une fonction support, la communication interne devient alors un rouage stratégique, ouvrant la voie au dialogue et à la concertation, permettant la prise en compte des idées de chacun, la reconnaissance de leur rôle, l’autonomie et la confiance. Dans une entreprise de dimension internationale, la communication interne devra apporter une attention particulière aux différences culturelles qui peuvent être source de déséquilibre sur cette question. Car au-delà des personnalités de chacun (plus au moins à l’aise avec l’expression d’idées personnelles), certaines cultures ont un respect de la hiérarchie et du groupe exacerbé, et les salariés qui en sont issus seront donc moins prompts à partager et contribuer de manière individuelle. Dans cet exercice de « démocratie participative », il est primordial d’affirmer en continu la posture de non-jugement et d’égalité mais aussi de véhiculer le sentiment que chaque effort aboutira à un résultat visible.

 

Journaux internes, TV interne, réseaux sociaux collaboratrifs, charte de communication, conventions annuelle… les outils sont nombreux et complémentaires dans une stratégie de communication interne au sein d’une multinationale. Mais malgré cette palette pléthorique et la multiplication des échanges, les difficultés classiques liées à la langue, à la distance et au manque de temps subsistent. Chaque entreprise trouvera ses propres solutions pour pallier ces manques, tirées de ses valeurs intrinsèques, avec toujours un même objectif en tête : que chaque employé se sente entendu, valorisé et utile à l’organisation. Un challenge pas évident à relever… ce qui le rend – selon moi – d’autant plus passionnant.

Crédits photos : 123RF / rawpixel