Lorsque l’on travaille à l’international ou au sein d’équipes multiculturelles, les questions relatives au temps représentent souvent des points d’achoppement et de malentendus. Au-delà des clichés de l’Allemand à cheval sur l’horaire et l’Italien toujours en retard, il est important de comprendre que la perception du temps est une donnée fortement liée à la culture de chacun, plus ou moins élastique en fonction de ses racines culturelles et de son éducation.

Sans vouloir devenir illisible, le chercheur E.T. Hall distingue les cultures monochroniques (Amérique du nord, pays scandinaves, pays germaniques, Pays-Bas, Royaume-Uni…) et polychroniques (Amérique latine, Moyen-Orient, Afrique, Asie et dans une certaine mesure France ou Grèce) selon le rapport de celles-ci au temps. Et de rajouter « Ces deux systèmes d’organisation sont logiquement et empiriquement tout à fait distincts. Comme l’huile et l’eau, ils ne se mélangent pas.». Dans cette optique, on comprend bien que cela risque d’être compliqué de collaborer à l’échelle de projets internationaux.

Compliqué certes, mais pas impossible. La 1ère chose à faire, comme dans tout contexte multiculturel, c’est de prendre le recul nécessaire pour se rendre compte que nous appréhendons tous nos échanges à travers un prisme culturel qui nous est propre, et qu’en aucun état de cause, on ne peut décider que nous sommes les seuls à avoir raison. Il est donc primordial de commencer à mieux comprendre le mode de fonctionnement de l’autre, afin de pouvoir en tenir compte dans la mise en place de la relation et de la collaboration.

Les cultures monochroniques (plutôt au Nord) ont une vision linéaire du temps. Une action engendre une cause, qui débouche sur une autre action. Le temps est perçu comme quelque chose de domptable et de malléable à son bon vouloir. Donc, les personnes compartimentent, préparent des retro-plannings, des ordres du jour. Chaque action a un sens pour atteindre un but fixé. Le retard ou les délais imprévus sont perçus comme un manque de respect et de professionnalisme. Cette manière de gérer le temps peut cependant engendrer du stress, de la peur que sa « to-do-list » ne soit pas entièrement cochée en fin de journée. Ce stress est souvent répercuté (à tord) sans même sans rendre compte sur ses collaborateurs. Lorsque ceux-ci proviennent d’une culture à la perception du temps opposée, le clash est inévitable.

Les cultures polychroniques (donc plus au Sud) sont plus dans l’instant que dans la projection. On fait moins de distinction entre sa vie personnelle et professionnelle, tout s’entremêle. On tend également à mettre plus en avant le temps de la relation que le temps plus « artificiel » de la montre». Et contrairement aux monochroniques, le temps n’est jamais « perdu », il a juste été utilisé différemment que ce qui avait été initialement prévu. Le temps de l’action est central, il prime sur la planification des taches suivantes. Ce que l’on pourrait appréhender comme du laxisme, est souvent une autre priorisation des choses. La relation, l’humain, l’approfondissement des choses prime sur la dictature de la montre qui n’est qu’un outil, et non un maître.

L’un des systèmes est-il meilleur qu’un autre ? Sûrement pas. Mais les différences sont un fait, et peuvent engendrer de sérieux problèmes lorsque ces deux visions du temps coexistent au sein d’un même espace de travail. Surtout s’il s’agit de commencer des réunions « à l’heure » ou de planifier une mise sur le marché d’un nouveau produit, ou co-constuire une opération événementielle. Prendre le temps d’édicter les modes de fonctionnement en amont d’un projet impliquant des parties prenantes de culture différente, expliquer les échéances, garder une souplesse et une bienveillance vis-à-vis des collaborateurs qui doivent s’adapter… voilà quelques règles de conduite à tenir pour ne pas « perdre de temps » !

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